Journée d'étude / ateliers Légitimations

3. Dispositifs hybrides de négociation du savoir

9 avril 2015
10h - 18h

  • Paris Saint-Martin/Conté
Journée du programme "Légitimations du savoir" (piloté au Cnam par le laboratoire HT2S, en partenariat avec le laboratoire DICEN) en collaboration avec le programme "Sciences et Techniques en Interférence" (UPEC-ESPE de Créteil), et soutenue par le LabEx HASTEC (Pres Hesam, en partenairat avec le Centre Alexandre Koyré et l'ESCP Europe).

Un compte-rendu est publié sur le carnet de recherche : legitimes.hypotheses.org

PROGRAMME

9h30 : Ouverture de la journée en introduction des deux interventions programmées dans le cadre des ateliers Légitimations du savoir. 
 
10h : Orélie Desfriches-Doria (post-doctorante ENSCI-Les ateliers et chercheur associée à DICEN-IDF/Cnam)
"Cartographies et représentation des points de vue et des connaissances dans les controverses". Résumé.
Discutant : Michel Letté (HT2S/Cnam), pilote du projet RisCom Gaz de Schiste (ISCC/CNRS-Cnam).

11h : Lisa Chupin (doctorante DICEN-IDF/Cnam)
"Les formes de gouvernance des herbiers numériques comme traduction de principes de légitimation des savoirs". Résumé.
Discutante : Muriel Guedj (LIRDEF/Université de Montpellier).

12h : Pause déjeuner

14h : Table ronde (dans le cadre du séminaire S&T en Interférences) sur le thème : Edition collaborative et médiation des sciences et techniques : argumentaire.
 
  • Alain Bernard (Centre Koyré, HASTEC et UPEC-ESPE, groupe “interférences”) Autour de l’édition d’un recueil de texte commentés sur le thème du projet HASTEC “Les séries de problèmes, un genre au carrefour des cultures”. [Descriptif détaillé]
  • Muriel Guedj (LIRDEF/Université de Montpellier): autour de la valorisation collaborative des collections universitaires de l’université de Montpellier. [Descriptif détaillé]
  • Loïc Petitgirard et Michel Letté (HT2S/Cnam): autour du dispositif d’édition collaborative de l’atelier “La Lucarne”. [Descriptif détaillé]
NB : Il est conseillé à l'audience de lire les descriptifs détaillés des projets car ils ne seront pas rappelés en détail pendant la séance, de manière à entrer tout de suite dans la discussion. Plus d'informations dans l'argumentaire. 
Résumé d'Orélie Desfriches-Doria : "Cartographies et représentation des points de vue et des connaissances dans les controverses"
Dans le cadre du projet Vesta Cosy (Vers un Espace Tactile d'Argumentation, Collaboratif et Symbolique) nous rendons compte ici des questions qui surviennent autour de la représentation des arguments qui sont échangés au cours d’une controverse, sous forme de cartographies. Outre la difficulté de mise en œuvre de certains outils, nous considérons que ces cartographies présentent deux difficultés majeures qui ne sont pas étrangères l’une à l’autre. D’une part leur présentation éventuellement statique suggère qu’elles apportent une vision figée d’une controverse. Mais de quelle vision s’agit-il ? Qui présente quelle conception de la controverse ? Il s’agit ici de s’intéresser au point de vue porté par une représentation d’une controverse, en y articulant d’autres types de questionnements, dans la volonté de rendre compte d’un débat, et notamment les questions qui concernent les catégories d’objets proposés sur une cartographie, et la représentation de points de vue portant des arguments. Suite à une journée de débat organisée par les porteurs du projet RisCom Gaz de Schiste, à laquelle nous avons participé, nous proposons ici une démarche hybride qui consiste à faire émerger des catégories d’analyse du débat en repartant de la matière elle-même des échanges, tout en proposant un cadre d’analyse des arguments susceptible de s’appliquer à des controverses de nature diverses. Ces axes et registres d’analyses sont présentés conceptuellement, pragmatiquement, et visuellement, dans l’interface de cartographie qui est développée dans le projet Vesta Cosy.

Résumé de Lisa Chupin : "Les formes de gouvernance des herbiers numériques comme traduction de principes de légitimation des savoirs"

Nous analysons dans cette communication la place des dispositifs numériques de médiation aux collections naturalistes dans la production de savoirs scientifiques dans différentes disciplines, principalement l'écologie et la systématique, mais aussi l'histoire des collections. Nous questionnons les transformations des pratiques d'information et de communication scientifiques en jeu dans la production de savoirs valides, sous l'effet de l'utilisation d'un nouveau type de documents que sont les images issues de la numérisation des collections, et en fonction des caractéristiques des dispositifs de médiation numérique qui y donnent accès. Si la numérisation conduit à perdre certaines informations par rapport au spécimen original, elle permet aussi une gestion et une valorisation des collections intégrant les contributions d'usagers. Profiter de ces nouvelles possibilités demande de définir les formes de participation ouvertes aux usagers et les modalités de leur régulation, pour produire des données valides et utilisables par les scientifiques. Nous montrons la diversité de ces procédures choisies par les institutions et leurs enjeux sur les interactions entre contributeurs. À l'aune de notre étude des herbiers numériques plus ou moins ouverts à la participation des usagers, leur gouvernance repose en grande partie sur des procédures de validation des données, qui traduisent elles-mêmes des principes de légitimation des savoirs naturalistes et des sources de l' « autorité informationnelle » (Broudoux, 2006) des herbiers.